Processus créatif

(Est-ce que j’ai échoué à tenir mon engagement d’un article par semaine ? totalement 😀 mais ce n’est rien, après avoir procédé à quelques petits ajustements, je suis de retour !)

Créer, c’est toute une histoire !

Salutations amis des internets ! J’espère que vous allez bien, et que vous allez aborder le week-end avec une banane d’enfer. Pour ma part, je suis chez mes parents pour quelques temps, après de nouvelles péripéties et de nouveaux rebondissements dans ma petite vie. J’en profite néanmoins pour vous préparer quelques petits articles, et pour préparer le camp NaNoWriMo de Juillet. Et on commence tout de suite avec le commencement de toute chose (ou presque) : mon processus créatif. Je vais donc sortir mes plus belles images libres de droit (en attendant de pouvoir vous proposer autre chose 👀 ) pour vous parler de cela. Installez vous confortablement, servez-vous un bon café (ou un mauvais, selon vos goûts) et on est parti !

Au commencement, une idée

Une des questions que l’on m’a le plus souvent posées, en tant qu’autrice, c’est : comment fais-tu pour avoir toutes ces idées ?

Il faut savoir que je suis une personne vraiment très, très, prolifique en terme d’idées. Ce qui semble être une bénédiction aux yeux des autres, eh bien … j’ai souvent eu tendance à le considérer comme un fardeau. Comme si une entité céleste me regardait avec des yeux menaçants, et promettait de me clouer sur un rocher pour me faire dévorer le foie si jamais je n’écrivais pas tous les romans pour lesquels j’ai, au moins, un synopsis. La dernière fois que j’avais compté, j’avais une vingtaine de projets de romans. La plupart n’ont jamais été entamés, certains n’ont même pas de tableaux Pinterest (et ont donc peu de chances d’aboutir un jour), mais je les garde dans un coin de ma mémoire, au cas où. Une chose est certaine en tout cas, je ne risque pas, un jour, tomber à court d’idées. Mais comment faire pour avoir constamment trois milliards d’idées qui s’adonnent à un pugilat sans pitié dans ma boite crânienne ? C’est pour cela que vous êtes là, n’est-ce pas ?, pour connaître ce secret si bien gardé ! Et bien, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous : je n’ai pas de recette magique à vous proposer.

Je pourrais m’arrêter là, mais ce serait charrier. Et puis il paraît que Google aime bien les longs articles, et des choses à dire sur le sujet, j’en ai des tas. Parce qu’à défaut de vous dire comment je fais, je peux peut-être vous dire comment commence une idée. Parce que oui, après plusieurs années, on finit par reconnaître les signes précurseurs. Généralement, mes idées se présentent sous les traits d’un personnage que je n’ai pas encore rencontré. Il porte les attributs traditionnels de son univers, ou de sa culture. Il avance dans la salle du trône (oui, mon palais mental est un château médiéval, un problème ?) en silence, un bagage à la main. Puis, il dépose ses affaires et s’écrie avec fracas « C’est chez moi maintenant ! ». Généralement, à ce moment-là, toutes les autres idées sortent de l’ombre, leurs faces déformées par la stupéfaction, avant de se jeter sur la petite nouvelle afin qu’elle se souviennent que, eh, elles étaient là avant. Bon, c’est très caricatural, mais ça vous donne une petite idée du bordel que c’est là-haut. Dans les faits, mes idées de romans ont quasiment toujours les traits d’un personnage. Un personnage que j’ai envie de voir vivre (et surtout galérer). Un personnage auquel je vais penser constamment, que je vais visualiser en faisant d’autres choses, qui va s’imposer dans mes rêves, qui va flotter devant moi dès que je ferme les yeux jusqu’à ce que je finisse par me rendre et succomber à sa volonté.

Mais d’où sortent-ils, ces personnages ?

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » – Lavoisier

J’ai deux « sources » principales : la musique, et le cinéma (films, séries, dessins animés). Parfois, l’idée peut surgir au milieu d’une lecture, mais c’est plus rare (j’y reviendrai). Voilà, par exemple, comme une idée voit le jour la plupart du temps

  1. Je regarde un dessin animé avec un univers très particulier (ex: Avatar, le Dernier Maître de l’Air, à tout hasard)
  2. Mon esprit commence à envisager les possibilités de cet univers (ex: d’autres cultures ayant d’autres formes de maîtrise des éléments).
  3. Je vais écouter une musique qui n’a rien à voir, et penser en même temps au dessin animé que je viens de voir (ex: une musique mettant en scène une révolution, et du coup, des maîtres de la terre se révoltant contre l’autorité)
  4. Mon cerveau va associer les deux sous les traits d’un personnage (ex: un petit fils de noble qui pige pas la révolution, et qui décide de la comprendre de l’intérieur)
  5. Je vais rêver de ce personnage dans différentes situations dans le contexte posé par l’oeuvre susnommée (ex: il va rencontrer l’Avatar, ou bien il va se retrouver prisonnier des guerrière Kiyoshi, etc)
  6. Le personnage, petit à petit, va développer une personnalité qui lui est propre, un système de valeur et/ou un background culturel différent de celui dans lequel il évolue (ex: il se trouve que la ville qui se révolte n’est pas Ba Sing Se, mais une ville inspiré des steppes de Mongolie, où les valeurs guerrières sont mises en avant, etc).
  7. Ce background est appuyé par l’émergence d’autres personnages qui viennent supporter ou opposer le personnage initial, toujours dans le contexte susnommé (ex: un meilleur ami issu des classes populaires, un opposant politique, etc)
  8. Ce petite groupuscule de personnages va finir par être en tel décalage avec le contexte de base que je passe alors à la phase 2.

Bon, je vous ai improvisé un exemple basé sur Avatar, vu que je suis en train de me refaire toutes les saisons. Je tiens à préciser que toutes les idées que je peux avoir ne vont pas survivre à toutes les étapes. Parfois, un film va m’inspirer un personne, qui va m’emballer pendant deux jours, puis s’évanouir dans les limbes de mon esprit.

Petite idée deviendra grande

(gently reminder : vous n’avez pas besoin d’un nouveau carnet)

À partir de là, l’idée a, normalement, suffisamment de potentiel que pour se développer toute seule. C’est un peu comme isoler une jeune pousse afin de lui permettre de grandir et d’un jour créer ses propres petites pousses !

C’est généralement le mode où je vais abandonner l’idée … d’abandonner l’idée (?!). Le moment où je vais acheter un carnet flambant neuf, sortir mes plus beaux stylos, et commencer à noter mes idées. On peut donc parler de brainstorming. Cela peut concerner les personnages (« untel a les yeux bleus, et c’est important parce que blablabla ») ou l’intrigue (« à un moment donné, untel va tuer untel parce qu’iel avait de jolies chaussures »). J’essaie de mettre sur papier tout ce qui me passe par l’esprit, même si je sais que je ne pourrai pas tout utiliser. Souvent, c’est également le monde où je réalise que ce que je prévoyais être un petit roman se transforme en saga multi-tomes. Que voulez-vous, on ne se refait pas. Ce passage obligé s’accompagne toujours de la création d’un tableau Pinterest, et de la création d’une playlist Spotify, ou Youtube. Ou les deux, d’ailleurs. Mais ça, c’est surtout parce que j’aime me trouver des excuses pour procrastiner.

C’est également la phase durant laquelle je vais faire des recherches. Toutes les idées ne demandent pas le même niveau de recherches. Par exemple :

  • Pour « Hikari no Himitsu » (titre provisoire), j’ai fait vraiment très peu de recherches. Il s’agit d’un univers japonisant avec lequel je suis familière. Je fais des recherches au fur et à mesure, lorsque je constate qu’il y a des sujets sur lesquels je manque de précision.
  • Pour « La Loi du Silence », cela fait deux ans que je fais des recherches. L’intrigue se déroule à la fin des années vingt à Chicago. J’ai donc dû lire énormément à la fois sur Chicago et son histoire, ainsi que sur la pègre, l’histoire de la pègre, et sur la prohibition. En plus de cela, je regarde des films et des séries sur le sujet. Même si l’historicité laisse parfois à désirer, cela me permet de me plonger davantage dans l’ambiance que je cherche à donner à mon récit. J’ai également suivi des cours sur la création d’une intrigue policière, sur comment créer le mystère, comment fonctionne une énigme, etc.

Ainsi, le processus va, bien sûr, dépendre d’une idée à l’autre. Certaines seront rapides à exécuter, d’autres me prendront des années. Mais c’est aussi le plaisir du métier d’écrivain.

Ces idées qui fusionnent

Bien sûr, mes idées sont également façonnées par qui je suis, par mes valeurs, par mes passions. Il y a notamment des thèmes récurrents et qui me tiennent à coeur. Ainsi, il y a plusieurs idées qui vont revenir régulièrement sans être suffisamment « matures » pour voler de leurs propres ailes. Mais à force de revenir, elles vont se nourrir de différents éléments. Puis, à un moment donné, il est possible que deux idées finissent par fusionner pour donner naissance à une nouvelle, plus complexe, plus recherchée. Un peu comme un moment « eurêka! » lorsque l’on réalise que deux pièces de puzzle font en fait partie de la même image.

Le temps du premier jet

Je suis une personne particulièrement impatiente. Cela se traduit par le fait que je commence généralement la rédaction au milieu de mes recherches. Ou en tout cas, celle du premier jet. Le plus effrayant, pour moi, est de me lancer. Du coup, quand j’ai l’impulsion, je n’attends pas et je fonce. De toute façon, je sais que je devrai ensuite passer par la case réécriture (que je n’aborderai pas ici). Ajuster mon récit en cours de route ne me pose pas problème, notamment s’il s’agit d’un premier jet. Au cours de mon écriture, je me laisse souvent des notes. Des « revoir ceci » ou « développer cela ». Des choses sur lesquelles je travaillerai ultérieurement. Le premier jet, c’est le moment où je vais écrire tout ce qui me passe par la tête. Une grande partie de ce que j’écris sera par le suite purement et simplement supprimé, mais sur le moment, cela n’a pas véritablement d’importance. C’est le moment où l’idée est son apogée. Je n’essaie pas de la maitriser, je la laisse s’exprimer à son plein potentiel, tout simplement.

En conclusion

La chose la plus importante à retenir, c’est que les idées ne viendront que si vous les acceptez pleinement. Toutes vos idées ne seront pas merveilleuses, mais si vous les dénigrez avant même de leur avoir laissé une chance, vous ne pourrez jamais le savoir. Or, c’est en accueillant vos idées, en les traitant comme elles le méritent, que d’autres finiront par venir également. Et un beau jour, les idées fuseront tant et si bien qu’il deviendra compliqué de toutes les gérer.

La recommandation du chef

Pour finir, si vous avez envie de creuser davantage la question des idées et de la créativité, je vous invite à lire le livre « Comme par Magie » (Big Magic, en version originale) par Elizabeth Taylor, qui est également l’autrice de « Mange, Prie, Aime » (Eat, Pray, Love). Vous pourrez retrouver plus d’informations sur cet ouvrage juste ici. Et je vous laisse sur son synopsis :

 » Depuis près de dix ans, des milliers de lecteurs de par le monde ont été inspirés et influencés par les livres d’Elizabeth Gilbert. Aujourd’hui, l’auteure puise dans son propre processus de création pour partager avec nous sa sagesse et son point de vue unique sur la créativité, et nous encourage à aller à la recherche de notre inspiration. Elle nous montre comment capturer ce que nous aimons le plus et comment tenir tête à ce qui nous fait le plus peur ; évoque les attitudes, les approches et les habitudes dont nous avons besoin pour vivre notre vie de la façon la plus créative qui soit.

Que nous souhaitions écrire un livre, relever de nouveaux défis professionnels, poursuivre un rêve trop longtemps mis de côté ou simplement insuffler un peu plus de passion dans notre quotidien, Comme par magie nous ouvre les portes d’un monde de merveille et de joie. « 

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