La tête dans les recherches #2

Il y a deux jours, je vous parlais de la raison pour laquelle je faisais des recherches pour tous mes romans (si vous l’avez loupé, c’est ici que ça se passe). Je crois sincèrement qu’il est important de savoir pourquoi on veut se lancer dans des recherches sans quoi la motivation s’essouffle facilement. Ceci dit, si l’envie vous en prend, voici comment je fonctionne.

PAR OÙ COMMENCER ?

Bien sûr, quand on a jamais fait de recherches, on peut patauger un moment, avancer à tatillons en se demandant par où, Diable, commencer ? Et mon conseil est le suivant : par ce qui vous tente le plus ! L’idée, c’est devenir passionné par son sujet afin de creuser toujours davantage. Si vous commencez par ce qui vous rebute, vous risquez de rapidement baisser les bras.

Nous ne sommes pas à l’école, vous n’avez pas un devoir à rendre. Alors commencez par ce qui vous attire. Par exemple, pour Réalta, j’ai commencé en allant à une fête médiévale. Je réalisais que je manquais de vraisemblance dans mes descriptions, et c’était pour moi la meilleure façon de m’immerger dans une ambiance médiévale. Bon, le fait d’y rencontrer un charmant jeune-homme avec lequel je partageai ma vie pendant une petite année ensuite à aider à entretenir mon intérêt, je ne vais pas vous mentir, mais c’est totalement facultatif, promis.

Par la suite, j’ai dévoré toutes les vidéos de Nota Bene, avant de passer aux articles scientifiques, et enfin aux livres spécialisés. Le moyen-âge est devenu une véritable passion pour moi, mais c’est à peu de choses près toujours comme ça que je fonctionne pour toutes mes recherches. J’y vais « crescendo » dans mes recherches, et je lis surtout sur ce qui m’intéresse. Pour prendre un autre exemple, le premier livre que j’ai lu pour mon livre sur la mafia à Chicago dans les années vingt, c’est Les Marraines du Crime de Diane Ducret, tout simplement parce que, quelle que soit la période de l’histoire abordée, je m’intéresse toujours en premier à la place de la femme et au rôle qu’elle a joué. Non seulement c’est un sujet qui, en tant que femme, me touche énormément, mais je trouve que la façon dont une société traite les femmes en dit long sur la société elle-même.

Bref, n’oubliez pas que cela doit rester un plaisir, et pas une corvée. Si cela devient une corvée, vous allez arrêter, car il n’y aura personne derrière vous pour vous contraindre.

OÙ CHERCHER ?

Nous vivons dans une ère où l’information est facilement accessible, mais également où elle est facilement falsifiée. Il faut donc faire attention à bien choisir ses sources, afin de ne pas raconter tout et n’importe quoi.

Je recommanderai toujours de se procurer au moins un ou deux livres généralistes pour commencer, afin d’avoir une idée générale de notre sujet. Il est toujours intéressant de se renseigner sur les auteurs que l’on s’apprête à lire, voir s’ils ont des biais. Cependant, pour être parfaitement sincère, je ne le fais jamais. Je choisis mes livres à l’instinct, ce qui me fait perdre beaucoup de temps vu que je compense cela par le fait que je lis énormément. À vous de voir comment vous préférez fonctionner, ainsi que le temps dont vous disposez.

Sur une note plus légère, on trouve à présent beaucoup de vulgarisateurs sur des plateformes telles que YouTube. S’il faut toujours prendre ce qu’ils disent avec des baguettes, et croiser les sources entre elles, ils permettent de se renseigner sur des sujets très vastes, et rapidement. De plus, certains vulgarisateurs partagent leurs sources en description. Cela vaut toujours la peine d’y jeter un oeil.

Pour les plus curieux/courageux, il y a également moyen de trouver des articles scientifiques sur des sites comme Academia.edu, cairn.info ou encore persee.fr. Personnellement, j’aime également beaucoup gallica.bnf.fr qui permette d’avoir accès à des sources d’époque (magazines, livres, gravures, enluminures, etc). Ces lectures peuvent être complétées par des ouvrages plus spécifiques, qui sont également généralement moins digestes que les livres généralistes, mais tout aussi passionnant. Il faut cependant garder à l’esprit que ces articles s’adressent, le plus souvent, à des initiés, des gens qui connaissent déjà le sujet et qui cherchent à en apprendre davantage. C’est pourquoi je ne recommanderais pas de commencer par là. J’ai fait cette erreur plusieurs fois, et à chaque fois je me suis retrouvée à lire des phrases que je comprenais à peine. Comme dit le dicton : il faut apprendre à marcher avant de courir !

ET WIKIPEDIA DANS TOUT ÇA ?

Souvent décrié, Wikipédia demeure cependant mon premier réflexion lorsque j’ai une question spécifique. Par exemple, l’invention de la machine à café. De plus, Wikipédia peut s’avérer très pratique afin d’avoir une vue d’ensemble d’un sujet, et surtout, des mots-clés à utiliser pour trouver des sources plus fiables et précises. Bref, ne crachons pas sur Wikipédia, et apprenons à l’utiliser intelligemment !

Ne négligez pas la fiction

Les fictions collent rarement aux faits, cependant il peut également être intéressant d’y jeter un oeil, et de voir ce qui fonctionne, et ce qui ne fonctionne pas. J’en parlerai plus loin, mais votre ouvrage n’a pas besoin d’être un exposé sur un sujet donné. Si vous souhaitez mettre l’Histoire en scène au travers d’un roman, libre à vous bien sûr, mais il est également possible de prendre des libertés avec l’Histoire, tant qu’on a conscience de prendre ces libertés. Sur le sujet, je vous conseille l’excellente chaîne d’Histoire Appliquée et son émission La Réserve qui analyse l’Histoire au travers des péplums, et qui aborde justement la question de l’exactitude historique dans le cinéma.

LE(s) PIÈGE(s)

Faire des recherches, c’est bien. Cependant, il ne faut pas se cacher derrière cette phase afin de se trouver une excuse pour ne jamais se lancer. Le perfectionnisme, on connait, mais on essaie de ne pas se laisser avoir, ok ? Gardez à l’esprit que, quel que soit le sujet, vous ne serez jamais à 100% dans le vrai. C’est vrai dans à peu près tous les domaines. Admettons que vous écriviez un roman dont le héros souffre de troubles psychologiques, les éléments médicaux que vous pourrez inclure dans votre roman seront peut-être dépassés dans dix ans. Et ce n’est pas grave. Les sciences, qu’elles soient exactes ou humaines, évoluent sans cesse, et les chercheurs remettent constamment en question les conclusions tirées par leurs prédécesseurs. Mon exemple préféré, en histoire, est la vision que l’on a du corset, souvent assimilé à un engin de torture, alors qu’on sait à présent qu’il n’en était rien.

Ensuite, veillez à ce que votre récit ne devienne pas un condensé des connaissances que vous aurez accumulé. La tentation de montrer combien nous sommes érudits peut être forte, mais ne perdez pas de vue votre objectif principal : raconter une histoire. Or, une histoire peut être instructive, mais elle doit surtout être divertissante. Si votre lecteur a l’impression de lire un article scientifique, il se détournera rapidement du récit. Inutile donc d’utiliser des termes alambiqués ou des concepts capillotractés. Comme diraient nos amis anglophones : keep it simple.

CONCLUSION

Peu importe la méthode que vous adopterez, le point sur lequel je ne cesserai jamais d’insister est le suivant : prenez-y du plaisir, bon sang. Appliquez ce conseil que j’ai bien du mal à appliquer moi-même, et ne vous prenez pas la tête inutilement. Vous verrez également qu’une fois que vous aurez l’habitude, une fois que vous aurez constitué votre propre méthode, faire des recherches sera une formalité. Vous aurez acquis les bons réflexes, et vous saurez exactement où aller chercher vos informations. Sans parler du fait que vous aurez appris tellement d’anecdotes que vous deviendrez la personne (un peu chiante) qui les partage aux repas de famille, avec un sourire mi-fier mi-amusé. Or, il n’y a de sensations plus grisantes que celle-là, alors enjoy ! 😉

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