Pensées #1

Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire de quelque chose d’un peu différent. D’un peu sur le vif. D’un peu intime aussi. Envie d’être un peu vulnérable. De ne pas forcément vous parler d’écriture, de motivation, de contenu pompélup. Pas envie de placarder un sourire de vendeuse sur mon visage pour essayer de vous faire acheter ma came. J’ai juste envie de m’asseoir, une gourde d’eau à la main, et de me livrer, simplement. Vous parler de quoi ? À vrai dire, j’en sais rien. Alors je vais faire comme lorsque j’écris dans mon journal. Je vais prendre un fait, un événement, et laisser couler ma plume jusqu’à ce qu’elle s’endorme par elle-même.

Je n’ai pas publié mercredi. Pourtant, j’ai plein d’idées, plein de brouillons qui ne demandent qu’à être terminés. Je n’ai pas publié, car je n’en avais pas envie. Je n’avais pas envie de vous fournir un contenu froid et sans saveur, alors que j’étais à peine capable de regarder mon écran sans avoir des tâches de lumière qui dansaient devant mes yeux. Vous savez, c’est ma hantise à moi, les contenus froids et sans saveur. Je sais que c’est parfois un peu inévitable, mais c’est la crainte qui peut me tétaniser des jours durant devant une page blanche. Souvent, quand je regarde des films, des séries, ou que je lis des livres, et que les larmes me montent aux yeux, je me dis « C’est ça. C’est ça que je veux réussir. » Je n’ai jamais vraiment eu envie d’être une autrice adulée. Que mes livres soient adaptés en saga. Que des fans campent devant un magasin pour obtenir un autographe. Rien que de l’écrire, je ne peux m’empêcher d’esquisser une légère grimace. Je ne désire rien davantage que pouvoir écrire incognito, mais le coeur léger, sachant que mes lecteurs, où qu’ils soient, sont en train de vivre mille émotions en lisant mes mots.

Je n’ai pas publié mercredi. Pourtant, à moitié échouée dans mon lit, maudissants les dieux et leurs homologues, j’avais sérieusement envisagé vous écrire quelques paragraphes sur « comment adapter ton rythme d’écriture quand on est migraineux ». Oui. Les larmes de douleur aux yeux, j’ai réellement envisagé pondre ça. J’aurais écrit quelques blagues, fait quelques plaisanteries entre deux anti-douleurs surpuissants. Puis, quand l’idée a germé, je me suis regardée, horrifiée. Bon, j’exagère peut-être un peu. A défaut d’être surprise, j’étais agacée. Agacée de tomber encore et toujours dans le même piège. Ce piège de la production. Ecrire coûte que coûte. Quel que soit le prix. « Je m’y suis engagée ». C’est vrai. Mais il y a peut-être des engagements plus importants à tenir. Comme ma santé. C’est à ce moment-là, que j’ai décidé de ne pas écrire. De ne pas poster. Et de ne pas me justifier. Pas sur le moment, en tout cas. Car au fond, je n’ai de comptes à rendre à personne, sinon à moi-même. Et il en va de même avec tout le reste.

On me dit souvent que je suis dure avec moi-même. Jusqu’à très récemment, je me suis trouvée laxiste pourtant. Je regardais autour de moi, je désignais du doigt ce chaos intersidéral qu’était ma vie, et je gueulais « si j’étais un peu moins laxiste, j’en serais pas là ! ». Et si c’était le contraire ? Et si en m’autorisant à vivre, à ressentir, à souffler, à respirer, ma vie en ressortait améliorée ? Et si en arrêtant de me battre contre des moulins à vent, ma vie en ressortait adoucie ? Dit comme cela, cela parait logique, non ? Pourtant, ces dernières années m’ont démontré que j’ignorais comment arrêter de me débattre. Tout ce que je sais faire, c’est lire des livres qui prétendent avoir la solution pour rendre ma vie meilleure, appliquer ce que disent les livres, me rendre compte que ça rend ma vie plus compliquée, abandonner, et pester parce que ma vie est chaotique. J’ai, alors, toujours le même réflexe. Je relis The Miracle Morning, je me lève à 6h pendant 2h, je m’enfile deux ou trois bouquins de la même trempe, je me jure que cette fois, ce sera différent, puis le schéma se répète, inlassablement. À croire que je suis fichtrement incapable de me foutre la paix.

En ce moment, ma vie est plus chaotique que jamais. Vraiment. Vous n’avez peut-être pas idée, derrière vos écrans, mais si. Ou peut-être que vous le savez, parce que vous me connaissez, auquel cas vous savez que je n’exagère pas. Du coup, j’ai fait quelque chose de vraiment incroyable … J’ai acheté un nouveau bouquin. Il s’agit de « The subtle art of not giving a fuck », de Mark Manson (que je recommande). Un peu comme si mon cerveau, après avoir tout tenté, s’était dit « Tiens, s’en foutre, c’est intéressant ça comme concept. Achetons ce livre qui nous apprend comment on fait. » Heureusement, l’humour et la plume de Mark sont exactement ce dont j’avais besoin. C’est pas un bouquin de théorie (ai-je vraiment besoin de le préciser), mais juste un ensemble de vérités désagréables qu’il est bon de se rappeler. À chaque fois que je surligne un passage, j’ai l’impression d’entendre Mark me parler directement et me demander « sérieusement ? t’as vraiment besoin de surligner ça ? » Alors, oui, Mark, j’ai vraiment besoin de surligner ça. Parce que ça me détend, de surligner. Cela me parait de tromper mon cerveau, de lui faire croire qu’on apprend des trucs. Au cas où tu le savais pas, Mark, mon cerveau est un putain d’angoissé. Donc ouais, je surligne des vérités élémentaires parce que ça me calme. Et si je relis ton bouquin un jour, mon cerveau se jugera, parce que « y a vraiment vraiment besoin de souligner ça ? c’est pourtant plutôt évident. » Au bout de vingt-cinq, j’ai fini par m’y habituer.

Tout ça pour quoi ? Pour rien. J’ai trouvé un titre. Pensées #1. On dirait un titre de tableau contemporain. C’est rigolo. J’aime bien. Pour ceux qui ont lu jusqu’ici, je suis désolée. Il n’y a pas de conclusion. Ce n’est qu’une suite de pensées, mises bout à bout, plus ou moins reliées. Je n’ai pas d’objectif en tête en les écrivant, sinon de les partager. Déjà, parce que j’en ai envie. Et ensuite, parce que peut-être que vous aviez besoin d’un peu de lâcher-prise, d’un peu de vulnérabilité, dans votre journée. Si tout va bien, mercredi prochain, je vous posterai un article bien propret, avec des vannes, et de jolies photos. Mais ce blog, c’est moi. C’est moi tout entière. Ainsi, il serait foutrement hypocrite de ne pas vous balancer un peu du bordel que j’ai dans la tête, parsemé de quelques gros mots, ci et là. Oh, et il va de soi que je n’ai pas relu. S’il y a des fautes, qu’on les laisse vivre. Les erreurs ont droit au bonheur.

Je vous embrasse fort, et je vais me coucher (car nous sommes en fait jeudi 23h).

Sincèrement vôtre,

Sélène.

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